Découvrons ces talents, parfois méconnus, en nous attardant auprès d’une restauratrice de tableaux et d’une tailleur de pierre. Toutes deux habitantes de Saint-Piat, elles ont suivi des parcours différents.
Pour Béatrice, après 5 années d’études aux Beaux-arts, et une année de spécialisation en restauration de tableaux et d’objets d’art, elle a suivi une formation en atelier sur 3 ans, auprès de deux maîtres restaurateurs.
En ce qui concerne Nathalie, après avoir passé un CAP de tailleur de pierre complété d’une option de travaux marbriers elle a intégré une entreprise spécialisée en restauration d’objets d’art, où elle a parfait sa formation. Leurs techniques sont évidemment différentes puisqu’elles ne travaillent pas sur la même matière mais leur approche est identique. Le diagnostic est essentiel. Il permet de connaître l’ouvrage et ses dommages. En peinture, il importe d’identifier le mal causé à la toile puisque les dégâts sont souvent à l’origine de la dégradation du tableau.
Pour le marbre ou la pierre, il faut déterminer si l’action sera une correction ou un remplacement.
Avec le tableau, une recherche est nécessaire car ce qui compte n’est pas de lui rendre un aspect neuf à tout prix.
Béatrice essaie de reconstituer l’image (certains repeints passés ou les altérations de la toile ont masqué voire détruit les contours et les vraies couleurs d’éléments de l’œuvre).
Ce problème d’évolution de la matière ne touche pas le tailleur de pierre. Par contre la difficulté provient de la recherche pour remplacer une pièce manquante. Beaucoup de carrières ont fermé. Les marbres ont des origines diverses, l’Italie la Belgique, l’Espagne ou le Portugal et le Minervois pour la France pour ne citer que les plus connus. Ce dernier est d’ailleurs l’origine des marches du cœur de la cathédrale de Chartres sur lesquelles Nathalie travaille actuellement.
Les édifices religieux constituent une grande part des commandes de ces deux femmes.
À l’image de la minutie de leur travail, on pourrait parler des heures durant de leur technique tant leur passion est remarquable. Quand à leur talent, il force l’admiration .
La restauration nécessite des compétences de chimiste.
Il faut évaluer puis appliquer les produits qui permettront le traitement du support, celui de la peinture avec le décrassage par enlèvement du ou des vernis successifs et des repeints. Les traitements imposent l’usage de produits solvants, parfois toxiques, ce qui explique la présence d’un appareillage spécifique dans l’atelier de la restauratrice.
De même la restauratrice de marbre passe ses journées le visage protégé d’un masque, du fait des poussières engendrées par le ponçage et des émanations toxiques des colles utilisées pour le masticage des pièces.


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